La presse aime “Je suis contre la mort”…

8 juillet 2016

Photo © Ernesto Timor

Je suis contre la mort, en costume de fanfare…

Extraits de critiques de Je suis contre la mort (concert de mots) (Avignon Off 2016, Les Hauts Plateaux)

En toute fin de festival, alors que les acteurs puisent dans leurs dernières ressources l’énergie du jeu, pour le public, la chasse aux coups de cœur reste ouverte, l’œil ouvert, l’oreille tendue. Ainsi se retrouve-t-on, aux Hauts Plateaux, devant Je suis contre la mort du Théâtre du Menteur. “Combien d’appels au calme pour une parole inflammable ?” Dans un hall d’aéroport – lieu de la béance mais aussi empli d’images mentales –, quatre hommes trompent l’attente en jouant à qui nommera la plus improbable phobie. La peur se décline ici dans un oratorio électrique qui (…) assume joliment les formules potaches et le lyrisme slam. Et qui pourtant ose porter un verbe libre au-devant des discours dominants, aliénants, à l’assaut du sentiment d’impuissance qui ronge le quotidien.

Marie Baudet, La Libre Belgique, 27 juillet (source intégrale : ici)

Le texte de François Chaffin est parsemé de décharges électriques qui ont le pouvoir magique de nous vivifier, de nous fragiliser tout en nous rendant plus fort, de nous émouvoir sans nous abattre, de nous faire rire à travers des pensées poétiques. On ne veut plus être procrastinateur, on veut littéralement plonger dans le grand bain de la vie et envoyer balader toutes les peurs qui nous paralysent, nous empêchent, nous isolent. (…) Si chaleur, enthousiasme, ferveur, exaltation, emportement, hardiesse, bouillonnement, joie, sève, punch sont des synonymes de “vitalité”, on peut déduire que ces quatre artistes ont le génie de transposer somptueusement ces états au plateau !

Aurore Bacquié, La Théâtrothèque, 24 juillet 2016 (source intégrale : ici)

Le concert-théâtre des vivants ! Placer l’action – et le concert – dans un hall d’aéroport est un parti pris intéressant, car il fait écho aux inquiétudes et aux doutes qui nous traversent souvent et dont il est ici question : l’aéroport est cette plateforme entre deux mondes, le lieu d’un départ vers une nouvelle vie, mais également un lieu de stagnation incertain où nos angoisses nous rattrapent, où le départ attendu est sans cesse menacé. (…) Les textes mettent à jour avec beaucoup de justesse l’universalité de nos réflexions existentielles. Avec un côté hipster amusant et revendiqué, le groupe nous fait passer un moment revigorant, plein de joie et de fureur de vivre, au son original et parfois déroutant de leurs compositions.

Ondine Bérenger, ThéâtreActu, 20 juillet 2016 (source intégrale : ici)

Vertige existentiel, angoisse de vivre, le collectif tient de bout en bout un humour pince-sans-rire plein de classe qu’on a cru belge jusqu’à découvrir que le Théâtre du menteur est basé en Essonne. Car de la classe, il en faut pour faire passer une blague sur Serge Lama et le dalaï du même nom sans être ridicule. Pari relevé par ce comédien barbu et tatoué aux cheveux longs qui promène sa dégaine de clown triste et son regard doux sur la scène des Hauts Plateaux. Dépressif chic, ange de la désolation, funambule en costume bas de gamme, on ne voit que lui. Ce comédien s’appelle Julien Defaye, il faut retenir son nom.

Audrey Santacroce, I/O Magazine, 19 juillet 2016 (source intégrale : ici)

La performance s’appuie sur le texte percutant de François Chaffin, qui montre qu’être « contre » la mort, ce n’est pas simplement s’y opposer par une démarche vitaliste, mais aussi apprendre à vivre dans sa proximité.
La dialectique importe peu ici. Ce qui compte, c’est l’exorcisme par la parole : l’énonciation des peurs, jusqu’aux plus ridicules (« L’anatidaephobie est la peur qu’un canard vous regarde droit dans les yeux » !), fidèle au vers sublime de René Daumal : « Nomme si tu peux ton ombre, ta peur / et montre-lui le tour de sa tête ». Sobres, précis, les comédiens excellent à présenter la juxtaposition des vérités tâtonnantes et les stratagèmes que l’on utilise pour résister à l’angoisse du vide.

Mathias Daval, I/O Magazine, 19 juillet 2016 (source intégrale : ici)

Atypique, Chaffin l’est sans l’ombre d’un doute. Dans son écriture, ses choix de mise en scène, ses scénographies. “Je suis contre la mort” est fidèle à l’esprit de son “auteur en scène” : électrique, éclectique, sombre, lumineux, poétique. Pure pépite d’or servie dans un écrin explosif. Magistral… On est ici loin d’un théâtre conventionnel. Mais Chaffin est de ceux qui créent leurs propres conventions. Sans concession aucune. Ses textes, comme sa mise en scène nous engouffrent de force dans un univers électro où la force vitale rythme les émotions. Qu’elles soient parlées ou musicales. Visuelles ou sonores… Le spectacle est bien trop riche pour le saisir en une seule fois. Trop dense pour que l’on puisse en saisir tout, d’un coup. Et qu’on le veuille ou non, on se laisse happer. On rit. Parfois. On imagine, on projette. On ressent. On vit. Comme une évidence. Esthétique. Noire. Et lumineuse.

Karine Prost, Rue du Théâtre, Coup de cœur du 15 juillet 2016 (source intégrale : ici)

Le génie de François ‪‎Chaffin‬ a frappé ! (…) Il réveille les êtres plein de vitalité que nous sommes, dans un oratorio dont il a le secret.”

Laurent Bourbousson, Ouvert aux publics, “les pistes du jour 8/25”, 13 juillet 2016 (source intégrale : ici)

Comment faire résonner une autre parole que celle, fondamentalement dialogique, du théâtre ? François Chaffin imagine un dispositif à mi-chemin entre le concert et la scène dramatique, dans lequel la parole poétique occupe le premier plan de la scène, ourlée par la musique électro-minimaliste du tandem appat203, contrastée par une série de petits films photographiques réalisés par Ernesto Timor. Cri de soulagement et de révolte, parole vive et alerte, Je suis contre la mort, sous ses affirmations aux airs d’évidence, se veut un « oratorio sur la force de la vie », en réaction à la noirceur ambiante et au fatalisme, qui affirme par la ferveur du verbe, l’optimisme et la joie comme valeurs de résistance. La verve poétique pour changer le monde, dans un objet théâtral inclassable et total.”

La Terrasse, 26 juin 2016 (source intégrale : ici)

Le titre est percutant. Justement ça percute fort ! Les mots, la poésie, tout explose. La musique électro accompagne la réflexion philosophique. Les musiciens sont aux claviers. Le chant se lève comme une protestation contre la mort. Ils sont vent debout, vie debout, bien décidés à continuer le rythme, la pulsation, la transe.
Ce spectacle est un oratorio, un chant furieux comme un torrent plein de force et de vitalité. Les musiciens règlent les boutons des machines acoustiques comme des magiciens. Des démiurges qui auraient le pouvoir de vie et de mort suivant qu’ils continuent ou s’arrêtent de jouer. De temps à autre les comédiens prennent des moments de pause. Ils mangent leur sandwich en méditant sur toutes les formes de peur. Y-a-t-il une fatalité ? La parole dit non. Elle se révolte. Les voix se lèvent, aussi fortes qu’une autre promesse. La mort n’existe pas dans le pas d’une danse !

Claude Kraif, revue-spectacles.com, 7 juillet 2016 (source intégrale : ici)

Singulier, joyeux, du chien… Par l’auteur de Prométhée poème électrique. Ce spectacle a bénéficié du soutien de l’association Beaumarchais-SACD.”

SACD Le magazine, été 2016

Entretien vidéo
Le Boudoir du Off a rencontré François Chaffin à Avignon…
Extrait de l’intro : “C’est LE spectacle qu’il faut avoir vu avant de quitter Avignon. Je suis contre la mort engage à une lutte pour la vie de tous les instants. (…) L’esprit d’Alain Bashung plane du côté des Hauts plateaux et la poésie ranime l’étincelle de chacun. Rencontre.”

 

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