Reptile

— Et tout est venu de là
(d’un geste vague il montre autour de lui tout ce qu’il est incapable de nommer).
Venu de là… de la rencontre entre le chaos et une force éternelle qui s’appelle Éros.
Le ciel et la terre avec les océans tout ça est sorti de cette collision
et enfin l’existence parce qu’avant il n’y avait rien mais Éros était déjà là.
Il attendait. Et le temps passe.
Infiniment… 

— J’aimerais beaucoup faire sexe avec toi

— Pardon ?

— Si possible

— Si tu désires

— Si partage

— Si sauvage alors j’aimerais bien

— Bon. Oui. On fait sexe…

— Tour de magie !

— Ah ?

— Je te regarde. Tu es là. Déjà : magie.

— Mais…

— Car il y a un mais ?

— Oui. Je ferme les yeux.

— Bravo.

— Attention !

— Roulements de tambour…

— Je FERME les yeux !

— Hop !

— Ben ça ? !

— Tu es encore là.

— Mon Dieu !

— Magie. 

— Qu’est-ce qui te fait croire que tu m’aimes ?

— Tout

— Complètement tout

— Mes températures excessives

— Mes montées en tours

— Mes gaz

— Mon pouls qui s’énerve

— Mes adducteurs qui déconnent

— Absolument tout…

— Voilà d’où nous venons et qui nous sommes. Les résidus d’une collision. Les hommages collatéraux de l’amour. Son mouvement. Sa giclée. Un départ de feu…

— Alors pourquoi tout ce sang ?

— Pourquoi choisir le cœur si c’est pour viser dedans ?

— Vous dansez ?

— De quelle musique parle-t-on ?

— Elvis Piaf

— Elvis Piaf ? !

— Oui

— Je danse…



À la croisée du théâtre et de la musique, Reptile est un concert de mots qui fait écho au désordre de l’amour, à nos pulsions de vie et de mort, vibrantes d’énergie, de chaos et de vitalité !
En nous plongeant dans les entrailles d’un studio d’enregistrement, où se mélangent les voix du cinéma et des textes sauvages soulevés par les micros, Reptile est un oratorio électrique offrant voix et mouvements à cette force primitive qui nous traverse le coeur et nous transporte au-delà de toute raison..

Mon amour, j’ai battu deux milliards huit cent quarante neuf millions de fois dans ta poitrine alors tu me dois bien ça : une vie du diable, rien de beige, rien que du beau, du tenté par le beau !

 

Retrouvez tous les articles de sortie de résidence au fil du temps, avec des humeurs, des espoirs, des images de répétition… : Reptile en résidence

Médias


 

 

Argumentaire

La forme : concert de mots / oratorio électrique

Alliage de textes parlés ou cadencés par les pistes sonores, le spectacle est à la croisée des chemins entre le théâtre et le concert, empruntant au premier l’univers narratif de la mise en scène et les nuances de l’interprétation, et au second l’énergie organique et spontanée qui se dégage de la musique.

Trois acteurs sur le plateau (dont les voix sont amplifiées — micros pied et HF), conjuguent les textes aux univers bruitistes et musicaux déployés par les machines à faire des-sons (sampler, magnéto à bande, radio…) déclenchées par les interprètes.

Le jeu échappe ainsi à la vérité naturaliste, pour aller respirer, à travers les matières sonores, l’harmonie et la rythmicité propres au chant, à la scansion, au chœur…

Reptile alterne entre textes «  scandés  » au micro, face public (dans une adresse directe que redessine une osmose entre les mots, le tempo et la mélodie) et des scènes jouées au plateau sous forme de dialogues entre les interprètes.

Les micros HF qui équipent les comédiens évoquent les voix intérieures surgies des pensées et des émotions, les indiscrétions et les secrets, les troubles comme les joies pures…

Alternant dialogues, monologues, et choralité, le récit déroule sa dramaturgie en faisant mélange de situations empruntées au quotidien avec des moments d’explosion sensible.

C’est ainsi que la scène représente tour à tour le lieu domestique de l’amour (le foyer), le jardin indiscret des confidences, l’intérieur du cœur quand il coule, etc.

C’est principalement la lumière qui prend en charge les métamorphoses successives de l’espace scénique, peut-être accompagnée de quelques objets emblématiques du foyer (canapé, réfrigérateur, TV et système son…).

 

 

 

 

Reptile, Théâtre du Menteur - photo et graphisme © Timor Rocks


Distribution

Texte : François Chaffin
Jeu : Céline Liger, François Chaffin
Musiques : Appat203 (Nicolas Verger et Olivier Métayer), Benjamin Coursier, Frédéric Chopin
Lumière et régie : Manu Robert
Dramaturgie sonore, scénographie, costumes : Les Reptiles associés
Collaborations mouvement et chant : Alexandre Thery et Chantal Dayan
Photos, communication graphique : Ernesto Timor
Administration et suivi de production : Louise Romé 

Partenaires de production

Production : Théâtre du Menteur

Coproduction et diffusion  : Amin théâtre / le TAG, Théâtre de Marcoussis
Autres partenaires de diffusion  : Le Grand Parquet (Paris), Théâtre Dunois (Paris), TVH (Bagneux), La Ferme de Bel Ebat (Guyancourt)
Le spectacle a reçu l’aide au projet de la DRAC Ile-de-France, de la Région Ile-de-France et de la SPEDIDAM.
Autres partenaires (demandes en cours) : DRAC Ile-de-France…
La Cie est soutenue par la Région Île-de-France et le Département de l’Essonne.

 

Dates

Création
◗ 26 mars 2021, le TAG, Grigny (91)
◗ 3 et 4 juin 2021 : le Grand Parquet, Paris 19
◗ juillet 2021 : Artéphile, Avignon Off

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