Reptile au milieu du gué

Fait froid, mais on est là, on a laissé des traces de pas sur la neige au-dehors, on a branché la machine à café, la sono et les lumières, on a fait craquer les mots dans la musique…

Quatrième semaine de répétitions, le milieu du gué, les textes se racontent sans papier (ou presque), notre scénographie est au complet, Manu a mis de la lumière un peu partout, du rouge un peu partout, des ombres et des coups d’éclat, le plateau s’est couvert de micros, il reste assez de place pour le cri, assez d’espace pour le geste, ça va…

Nous faisons naitre le Reptile, avant-première le 26 mars, le théâtre du Grand Parquet à Paris au début du mois de juin, le festival d’Avignon ensuite, mais après ?

Que va devenir cette création, coincée entre les impératifs des mesures sanitaires, les théâtres empêchés de rouvrir, les saisons à venir majoritairement constituées des reports de programmation, comment respirer au-dessus des problèmes, retrouver le fil avec les publics ?

Tout reste à inventer…

FC


En résidence au TAG à Grigny du 8 au 12 mars 2021, photos © Ernesto Timor.


Pour tout savoir sur cette prochaine création : Reptile.

Reptile : de plus en plus près

Reptile, Théâtre du Menteur - photo © Shan
Photo © Shan

En mars prochain, la nouvelle création du Théâtre du Menteur, Reptile, de François Chaffin, sortira des limbes de nos répétitions, qui se poursuivent à un rythme à peu près mensuel, pour l’essentiel au TAG à Grigny.

À la croisée du théâtre et de la musique, Reptile est un concert de mots sur le désordre amoureux qui tente de faire écho à nos alchimies intimes, nos pulsions de vie et de mort, avec l’espoir d’en faire vibrer l’énergie, la folie et l’humour !
C’est l’histoire chaotique d’Eros qui dirait à Thanatos : «  Pourquoi choisir le cœur si c’est pour viser dedans ?  »
Oui, Reptile est un oratorio électrique donnant voix à cette force sauvage qui nous traverse et nous transporte au-delà de toute raison…

 


 

Teaser vidéo de Céline Liger, nouvelles traces de résidence en novembre-décembre 2020, avec sampling du dossier de production.
Pour retouver ce dossier dans son intégrale et tout savoir sur cette prochaine création : Reptile.

Le Reptile crache de la musique !

Les reptiles aux champs.

Au sortir d’un été peu propice aux folles équipées théâtrales, toute l’équipe de la nouvelle création du Théâtre du Menteur Reptile (concert de mots sur le désordre de l’amour) s’est retrouvée en Normandie pour créer et structurer la musique qui traversera cet oratorio électrique. 

Nicolas Verger et Olivier Métayer (groupe Appat203), Benjamin Coursier, guitariste énervé, et Shan Dayan, notre guide vocal, se sont enfoncés dans les textes lus par Céline Liger, Julien Defaye et François Chaffin, afin de produire au fil de cette résidence les substantifiques pièces musicales qui feront alliage avec le poème… Et Manu Robert, éclairagiste de son état (et du projet), jetait à travers le studio qui nous accueillait quelques ampoules qui nous éclataient au visage, révélant de larges sourires et la rougeur de nos intentions…

Chouettes moments de vie !

 

Pour tout savoir sur notre prochaine création : Reptile.



Traces sonores de résidence, septembre 2020.

Photos de résidence © un peu tout le monde.

Dans le vif du sujet (le Reptile se déconfine)

Photo © Ernesto TimorC’était le temps de la déconfinade en douceur…
Et nous nous sommes retrouvés, les Reptiles au complet, ces 9, 10 et 11 juin 2020, ensemble à faire des tentatives autour des textes de cette création imaginée pour s’élever au printemps prochain…
Quel type de musique pour faire se soulever les mots ? Ici un bout de documentaire audio, là un extrait de film, une ambiance de générateur électrique ?
Nous nous sommes ainsi déployés dans les matières sonores, cherchant l’évocation juste, le bon tempo, le petit chemin qui zig et zag entre le parlé et le chanté.
C’était chouette, empli d’intentions, d’ambitions et de promesses…
Et il en est resté un son de 8 minutes posé sur des images arrachées au réel ; à vous de voir, d’écouter !
Nous vous donnons rendez-vous en octobre pour vous présenter le spectacle et partager la cacahuète…

 

Pour tout savoir sur notre prochaine création : Reptile.


 

Reptile

— Et tout est venu de là
(d’un geste vague il montre autour de lui tout ce qu’il est incapable de nommer).
Venu de là… de la rencontre entre le chaos et une force éternelle qui s’appelle Éros.
Le ciel et la terre avec les océans tout ça est sorti de cette collision
et enfin l’existence parce qu’avant il n’y avait rien mais Éros était déjà là.
Il attendait. Et le temps passe.
Infiniment… 

— Chéri(e), tu sens bon des pieds.
Tu sens bon des doigts.
Tu sens bon des yeux…
Et ton cerveau aussi, ton cerveau sent bon.
Sent l’hypophyse, les étoiles plantées dedans,
qui bougent comme des globules, la danse des pulsions…

— Tour de magie !

— Ah ?

— Je te regarde. Tu es là. Déjà : magie.

— Mais…

— Car il y a un mais ?

— Oui. Je ferme les yeux.

— Bravo.

— Attention !

— Roulements de tambour…

— Je FERME les yeux !

— Hop !

— Ben ça ? !

— Tu es encore là.

— Mon Dieu !

— Magie. 

— Qu’est-ce qui te fait croire que tu m’aimes ?

— Tout

— Complètement tout

— Mes températures excessives

— Mes montées en tours

— Mes gaz

— Mon pouls qui s’énerve

— Mes adducteurs qui déconnent

— Absolument tout…

— J’aimerais beaucoup faire sexe avec toi

— Pardon ?

— Si possible

— Si tu désires

— Si partage

— Si sauvage alors j’aimerais bien

— Bon. Oui. On fait sexe…



À la croisée du théâtre et du concert, Reptile est un spectacle qui donne voix et mouvements à nos pulsions amoureuses — nos pulsions de vie et de mort — et aux forces chaotiques qui nous traversent et nous transportent au-delà de nous-mêmes et nous relient à l’origine du monde.
À travers une série de textes poético-ordinaires (l’absence, la rencontre, la fusion, le quotidien, l’éclatement, le vide, le recommencement…) dont la dramaturgie semble former un cycle, les comédiens font écho aux concepts d’Éros (l’Amour sous toutes ses formes) et de Thanatos (la Mort obscure et variable), ainsi qu’à leur relation ambiguë qui hantent nos corps et nos esprits depuis la nuit des temps.

Comment veux-tu résister à ça.
cet amour qui te soulève et te jette en l’air.
Comment veux-tu résister à ce tourbillon
qui parle ta langue ?…

 

Retrouvez tous les articles de sortie de résidence au fil du temps, avec des humeurs, des espoirs, des images de répétition… : Reptile en résidence

Argumentaire

La forme : concert de mots / oratorio électrique

Alliage de textes parlés ou cadencés par les pistes sonores, le spectacle est à la croisée des chemins entre le théâtre et le concert, empruntant au premier l’univers narratif de la mise en scène et les nuances de l’interprétation, et au second l’énergie organique et spontanée qui se dégage de la musique.

Trois acteurs sur le plateau (dont les voix sont amplifiées — micros pied et HF), conjuguent les textes aux univers bruitistes et musicaux déployés par les machines à faire des-sons (sampler, magnéto à bande, radio…) déclenchées par les interprètes.

Le jeu échappe ainsi à la vérité naturaliste, pour aller respirer, à travers les matières sonores, l’harmonie et la rythmicité propres au chant, à la scansion, au chœur…

Reptile alterne entre textes «  scandés  » au micro, face public (dans une adresse directe que redessine une osmose entre les mots, le tempo et la mélodie) et des scènes jouées au plateau sous forme de dialogues entre les interprètes.

Les micros HF qui équipent les comédiens évoquent les voix intérieures surgies des pensées et des émotions, les indiscrétions et les secrets, les troubles comme les joies pures…

Alternant dialogues, monologues, et choralité, le récit déroule sa dramaturgie en faisant mélange de situations empruntées au quotidien avec des moments d’explosion sensible.

C’est ainsi que la scène représente tour à tour le lieu domestique de l’amour (le foyer), le jardin indiscret des confidences, l’intérieur du cœur quand il coule, etc.

C’est principalement la lumière qui prend en charge les métamorphoses successives de l’espace scénique, peut-être accompagnée de quelques objets emblématiques du foyer (canapé, réfrigérateur, TV et système son…).

 

 

 

 

Reptile, Théâtre du Menteur - photo et graphisme © Timor Rocks


Distribution

Texte : François Chaffin
Jeu : Céline Liger, Julien Defaye, François Chaffin
Musiques : Appat203 (Nicolas Verger et Olivier Métayer), Benjamin Coursier, Frédéric Chopin
Lumière et régie : Manu Robert
Dramaturgie sonore, scénographie, costumes : Les Reptiles associés
Collaborations mouvement et chant : Alexandre Thery et Chantal Dayan
Photos, graphisme, communication : Ernesto Timor
Administration et suivi de production : Louise Romé 

Partenaires de production

Production : Théâtre du Menteur

Coproduction et diffusion : Amin théâtre / le TAG, Théâtre de Marcoussis
Autres partenaires de diffusion : Le Grand Parquet (Paris), Théâtre Dunois (Paris), TVH (Bagneux), La Ferme de Bel Ebat (Guyancourt)

La Cie est soutenue par la Région Île-de-France et le Département de l’Essonne.

 

Calendrier de la création

Saison 2019-2020 

  • Finalisation de l’écriture du texte
  • 8 jours de recherches au plateau
  • Composition des musiques originales
  • Recherche de partenaires de production et diffusion
  • Lectures publiques

Saison 2020-2021 

  • Répétitions
  • Lectures publiques
  • Mise en place des ateliers artistiques
  • Création février 2021
  • de février à mai 2021 : diffusion
  • Juillet 2021 : Festival d’Avignon Off

Saison 2021-2022

  • Reptile en tournée…
Dates

Lectures rencontres
◗ 19 novembre 2020 à 17h au théâtre Dunois (Paris 13)
◗ 20 novembre à 14h30, le TAG (Grigny, 91)

Création
◗ 26 mars 2021, le TAG (Grigny, 91)
◗ 3 et 4 juin 2021, 20h : le Grand Parquet, Paris 19
◗ juillet 2021 : Artéphile, Avignon Off

A visionner ou télécharger (pour les pros)
Dossier de production (sept. 2019)Télécharger le PDF

 

Premières révélations sonores (répétitions janvier 2020 au TAG)