Bulletin de septembre-octobre 2019

Photo © Ernesto Timor

Toudoulist de rentrée :
– ouvrir plus de portes qu’on n’en pourrait fermer,
– prendre à bras le corps la question du réchauffement climatique,
– prendre à bras le corps la question du refroidissement des hommes,
– démaquiller l’ordinaire de nos trop grandes habitudes,
– choisir sa vie parmi ce qui se fait de mieux,
– s’enchanter au-delà du raisonnable (du vol d’une abeille par exemple ?)…

Et vous, quels sont vos projets ?

François Chaffin

 

 
Bientôt la reprise des Ruées dans les box  au (petit) théâtre de la Cavalerie, en Val d’Essonne, dès octobre. Mouvements partagés entre nos solstices et vos équinoxes (et réciproquement), un vendredi par mois à 19h30 ! Venez semer et récolter ces moments de représentations uniques, avec les artistes du Théâtre du Menteur et les compagnies invitées : Festival des Automnales de la harpe (le 18 octobre), Tout en scène (en hiver), Cineam (au printemps)… 


En cette rentrée 2019-2020…

En cette rentrée 2019-2020, le Théâtre du Menteur et l’association Au Sud du Nord proposent deux nouvelles lectures musicales tout terrain sur la vie et l’œuvre de Boris Vian (La vie jazz) et Paul Lafargue (Le droit à la paresse). Un petit document présente cette offre double, à feuilleter ou télécharger !

En cette rentrée 2019-2020, nous reprendrons 51 mots pour dire la sueur au théâtre Victor Hugo à Bagneux le 16 novembre. Et puis nous entamerons la production de la prochaine création de la compagnie, Oratorio sur la pulsion de vie / Eros et Thanatos… si l’écriture de ce concert de mots est déjà bien avancée, le titre n’est pas encore tout à fait fixé… Et pourquoi pas Reptile ? !

En cette rentrée 2019-2020, nous ré-inventons avec nos partenaires de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis et du Théâtre de Brétigny de nouveaux ateliers de création artistique, par exemple la saison 2 du Geste à la parole

 

Reptile

— Et tout est venu de là
(d’un geste vague il montre autour de lui tout ce qu’il est incapable de nommer).
Venu de là… de la rencontre entre le chaos et une force éternelle qui s’appelle Éros.
Le ciel et la terre avec les océans tout ça est sorti de cette collision
et enfin l’existence parce qu’avant il n’y avait rien mais Éros était déjà là.
Il attendait. Et le temps passe.
Infiniment… 

— Chéri(e), tu sens bon des pieds.
Tu sens bon des doigts.
Tu sens bon des yeux…
Et ton cerveau aussi, ton cerveau sent bon.
Sent l’hypophyse, les étoiles plantées dedans,
qui bougent comme des globules, la danse des pulsions…

— Tour de magie !

— Ah ?

— Je te regarde. Tu es là. Déjà : magie.

— Mais…

— Car il y a un mais ?

— Oui. Je ferme les yeux.

— Bravo.

— Attention !

— Roulements de tambour…

— Je FERME les yeux !

— Hop !

— Ben ça ? !

— Tu es encore là.

— Mon Dieu !

— Magie. 

— Qu’est-ce qui te fait croire que tu m’aimes ?

— Tout

— Complètement tout

— Mes températures excessives

— Mes montées en tours

— Mes gaz

— Mon pouls qui s’énerve

— Mes adducteurs qui déconnent

— Absolument tout…

— J’aimerais beaucoup faire sexe avec toi

— Pardon ?

— Si possible

— Si tu désires

— Si partage

— Si sauvage alors j’aimerais bien

— Bon. Oui. On fait sexe…



À la croisée du théâtre et du concert, Reptile est un spectacle qui donne voix et mouvements à nos pulsions amoureuses — nos pulsions de vie et de mort — et aux forces chaotiques qui nous traversent et nous transportent au-delà de nous-mêmes et nous relient à l’origine du monde.
À travers une série de textes poético-ordinaires (l’absence, la rencontre, la fusion, le quotidien, l’éclatement, le vide, le recommencement…) dont la dramaturgie semble former un cycle, les comédiens font écho aux concepts d’Éros (l’Amour sous toutes ses formes) et de Thanatos (la Mort obscure et variable), ainsi qu’à leur relation ambiguë qui hantent nos corps et nos esprits depuis la nuit des temps.

Pulsion (définition) : phénomène dynamique produit par une force impliquant une énergie. La pulsion se caractérise par une poussée, charge énergétique, qui prend sa source dans une excitation corporelle.

 

Argumentaire

La forme : concert de mots / oratorio électrique.

Alliage de textes parlés ou cadencés par les pistes sonores, le spectacle est à la croisée des chemins entre le théâtre et le concert, empruntant au premier l’univers narratif de la mise en scène et les nuances de l’interprétation, et au second l’énergie organique et spontanée qui se dégage de la musique.

Trois acteurs sur le plateau (dont les voix sont amplifiées — micros pied et HF), conjuguent les textes aux univers bruitistes et musicaux déployés par les machines à faire des-sons (sampler, magnéto à bande, radio…) déclenchées par les interprètes.

Le jeu échappe ainsi à la vérité naturaliste, pour aller respirer, à travers les matières sonores, l’harmonie et la rythmicité propres au chant, à la scansion, au chœur…

Reptile alterne entre textes «  scandés  » au micro, face public (dans une adresse directe que redessine une osmose entre les mots, le tempo et la mélodie) et des scènes jouées au plateau sous forme de dialogues entre les interprètes.

Les micros HF qui équipent les comédiens évoquent les voix intérieures surgies des pensées et des émotions, les indiscrétions et les secrets, les troubles comme les joies pures…

Alternant dialogues, monologues, et choralité, le récit déroule sa dramaturgie en faisant mélange de situations empruntées au quotidien avec des moments d’explosion sensible.

C’est ainsi que la scène représente tour à tour le lieu domestique de l’amour (le foyer), le jardin indiscret des confidences, l’intérieur du cœur quand il coule, etc.

C’est principalement la lumière qui prend en charge les métamorphoses successives de l’espace scénique, peut-être accompagnée de quelques objets emblématiques du foyer (canapé, réfrigérateur, TV et système son…).

 

 

 

 


Distribution

Textes : François Chaffin
Jeu : Céline Liger, Julien Defaye, François Chaffin
Musiques : Appat203 (Nicolas Verger et Olivier Métayer), Bach, Barber, Bing & Ruth, Caccini, Chopin, Schubert, Sheppard & Potter, Benjamin Coursier, etc.
Esthétique sonore : Denis Malard et François Chaffin
Lumière et régie : Manu Robert
Photos, graphisme, communication : Ernesto Timor
Administration : Louise Romé

Partenaires de production

Production : Théâtre du Menteur

Coproduction et recherche de partenaires de diffusion en cours

La Cie est soutenue par la Région Île-de-France et le Département de l’Essonne.

 

Calendrier de la création

Saison 2019-2020 

  • Finalisation de l’écriture du texte
  • 8 jours de recherches au plateau
  • Composition des musiques originales
  • Recherche de partenaires de production et diffusion
  • Lectures publiques

Saison 2020-2021 

  • Répétitions
  • Lectures publiques
  • Mise en place des ateliers artistiques
  • Création février 2021
  • de février à mai 2021 : Diffusion
  • Juillet 2021 Festival d’Avignon

Saison 2021-2022

  • Reptile en tournée…
Dates

Ruée dans les box #1, octobre 2019
Charlotte Cézard, festival Les Automnales de la harpe

Ruée #1, vendredi 18 octobre 2019 à 19h30 Voyage avec Freyja Charlotte Cézard (harpe celtique) Festival Les Automnales de la harpe   À travers la musique, Charlotte et Freyja, sa harpe celtique, nous emmènent à la découverte des pays celtes, de l’Ecosse à l’Irlande, et jusqu’en Bretagne. Des danses traditionnelles, des histoires d’amour… Lire la suite...

Bulletin de juillet-août 2019

Une voix tombée du ciel :— Humains, peuples d’en bas qu’écrase le rayon brûlant de mon astre vengeur, reçois pour tribut de ton irresponsabilité le feu qui achèvera de te consumer !Au même instant, sur la terrasse d’un café d’Avignon, deux artistes s’interrogent :— Putain, tu as vu à quelle vitesse ils fondent les glaçons ?!

Le geste à la parole

Le geste à la parole est le titre d’un cycle d’actions artistiques menées dans des lycées de l’Essonne au fil de trois années scolaires, de 2018 à 2021. Ce projet est impulsé par le Théâtre Brétigny (scène conventionnée art & création, Cœur d’Essonne Agglomération), à travers le Créac, dispositif de la… Lire la suite...

Boris Vian, la vie jazz

Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame 
Avant d’avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu’est le plus fort



Le Théâtre du Menteur s’associe à Philippe Laccarrière, contrebassiste de jazz, pour une lecture musicale autour de la vie et de l’œuvre de Boris Vian, dont on célèbre le centenaire de la naissance.

Boris vian, la vie jazz est le portrait d’un auteur aux multiples talents — ingénieur, poète, écrivain, chanteur, trompettiste — et de son époque.

La lecture témoigne d’une œuvre composite et singulière où se révèlent l’écho de sa puissance littéraire et son acuité à parler des hommes. 

Le dispositif sonore enchâsse les voix amplifiées dans les musiques et les atmosphères sonores en résonance avec les textes lus.

Sur scène, deux comédiens et un musicien offrent à entendre la beauté et la mélancolie désabusée de celui qui se fit connaître avec J’irai cracher sur vos tombes.

Captation vidéo d'une représentation

Traces d’une lecture-concert (festival Uzeste Musical, août 2019).


 

Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s’amène
Avec sa gueule moche
Et qui m’ouvre ses bras
De grenouille bancroche
Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame 
Avant d’avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu’est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d’avoir goûté
La saveur de la mort… 

Extrait de Je voudrais pas crever.

 

Ingénieur de formation, Boris Vian débute sa carrière artistique en tant que trompettiste dans les clubs de jazz de Saint-Germain-des-Prés. Les pastiches de romans noirs américains qu’il écrit sous le pseudonyme de Vernon Sullivan rencontrent succès et scandale : J’irai cracher sur vos tombes, l’un des best-sellers de l’année 1947, Et on tuera tous les affreux et Les Morts ont tous la même peau. Par contre, les romans qu’il signe de son véritable nom dans les années d’après-guerre, Vercoquin et le plancton, L’Ecume des jours ou encore L’Arrache-cœur, ne lui apportent pas la notoriété escomptée. Egalement auteur de pièces de théâtre, de chansons et de poèmes, de critiques musicales, Vian mêle dans ses romans humour et mélancolie à une écriture poétique qui met en valeur son imagination débordante. Malade du cœur depuis l’adolescence, il succombe à l’âge de 39 ans, laissant derrière lui une œuvre riche et variée qui reste à ce jour inimitable.

Boris Vian, la vie jazz, lecture-spectacle du Théâtre du Menteur

Lecture spectacle pouvant se jouer en tous lieux (ne nécessite pas de matériel technique)  : bibliothèques, établissements scolaires, ERP, centres culturels, extérieurs, etc.

Distribution

François Chaffin : montage (et démontage) des textes

Philippe Laccarrière : contrebasse électrique

Céline Liger et François Chaffin : voix électriques

Production : Théâtre du Menteur / Au Sud du Nord

Dates
◗ jeudi 13 juin 2019, 19h30, La Cavalerie, Vert-le-Petit (91)
◗ samedi 22 juin 2019 à 15h, médiathèque départementale Lazare Carnot, La Ferté-Alais
◗ jeudi 22 août 2019 à 17h, parc Seguin, festival Uzeste Musical
◗ lundi 6 et mardi 7 janvier 2020 à 19h, théâtre Dunois, Paris 13. 

Conditions

Durée : 60 minutes
Recommandé pour tous les publics à partir de 10 ans

Contactez-nous pour les conditions !

A télécharger (pour les pros)

Bulletin de mai-juin 2019

La fin de saison est-elle une fin de partie, un game over, un tilt ? La fin de saison fait suite à son ouverture, qui achevait elle-même la précédente. Elle précède la saison à venir et je me demande qui, de centripète ou centrifuge, l’emportera ?

Imagine !

Un film écrit et tourné dans le cadre d’un atelier co-animé entre François Chaffin (Théâtre du Menteur) et Sophie Guillin avec les élèves de la 2nde 8 au lycée Blaise Pascal à Orsay (91). Ce film a été diffusé en première partie de la représentation de 51 mots pour dire la… Lire la suite...